Yashka [24 Héroïnes électriques]

En cette période martiale, voici le portrait d’une femme militaire russe au destin incroyable. La première mouture de son autobiographie intitulée Ma vie de soldat parue en 1923 m’avait fortement impressionné.

Maria Léontiévna Botchkariova (Мари́я Лео́нтьевна Бочкарёва) dite Yashka est une femme officier russe née en 1889. Elle fait ses armes comme secouriste dans l’armée impériale russe pendant la Première Guerre mondiale. A l’approche de la révolution de 1917, elle fonde et dirige le « bataillon féminin de la mort », composé de combattantes surnommées les Bochkariéviennes. Son attachement au Tsar, l’éloigne des Bolcheviks qu’elle a vu à l’œuvre et elle refuse d’intégrer l’Armée rouge. Cette dissidence provoque son exil aux États-Unis où elle est soutenue par la suffragette féministe Florence Harriman. Elle se rend également en Grande-Bretagne où elle reçoit des honneurs de la famille royale et son surnom de « Jeanne d’Arc russe ». En 1918, elle retourne en Russie par patriotisme pour combattre les bolchéviques. Elle est finalement livrée à la Tchéka, la police politique soviétique, qui l’exécute par balles après un procès expéditif en 1920 à Krasnoïarsk.

Témoignage capital sur la révolution russe et la place des femmes, son autobiographie publiée à New York en 1919 a été une première fois traduite en 1923 et rééditée en français en 2012 dans une nouvelle traduction. FX

Nouvelle référence : Maria Botchkareva, Yashka, journal d’une femme combattante. Russie 1914-1917, Paris, A. Colin, 2012 ; édition établie par Stéphane Audoin-Rouzeau et Nicolas Werth ; traduit de l’anglais par Michel Prévost.


Pour en savoir plus :

Camille Hallé Vargas, “Yashka et le bataillon de la mort – Un exemple de tentative de féminisation militaire”, Theatrum Belli, 26/03/2019.

Illustration : FX, « Yachka, la commandante 1917 », acrylique et stylo à bille, 65×54, 28 avril 2019.

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