Voyages au centre du corps : les traités d’anatomie anciens [1 et 2] par Philippe Jaussaud

Deux articles mis en ligne les 10 juin et 11 juillet 2016 par Philippe Jaussaud, Professeur de Toxicologie et d’Histoire des Sciences à l’Université de Lyon, Université Claude Bernard Lyon 1. Une imagerie du sensible, des artistes méconnus…

Dévolue à la description du corps et de ses organes, l’anatomie est une discipline fondamentale pour les sciences de la vie et de la santé. Elle fournit des bases à d’autres champs disciplinaires, comme l’embryologie, la tératologie, la zoologie, la physiologie, la biomécanique, l’art dentaire ou la chirurgie. Protéiforme, l’anatomie peut être générale au sens de Bichat (histologie), spéciale (étude d’une seule espèce) ou comparative (étude de plusieurs espèces), descriptive (organographie), topographique, fonctionnelle, pathologique, etc. Sa méthode est la dissection, parfois associée à des injections de substances – réplétives, conservatrices, colorées – ou à des coupes. Ce que la dissection dévoile est restitué grâce au dessin anatomique, souvent rehaussé de couleurs conventionnelles : le bleu signale les veines, le rouge les artères ou les muscles, le violet le système lymphatique et le jaune les nerfs. La recherche de la perfection graphique conduit à une anatomie artistique.

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Dans un précédent article, nous avons examiné l’intérêt des traités d’anatomie anciens comme marqueurs historiques des diverses branches de la discipline. Les cas de l’ostéologie, de la myologie et de la splanchnologie ont été ainsi considérés. Une bonne connaissance de ces trois domaines est nécessaire pour aborder les trois autres : l’angiologie, la neurologie et l’esthésiologie, dont il va être question dans ce qui suit.

L’angiologie étudie les formations anatomiques – vaisseaux et organes creux – dans lesquelles circulent deux liquides biologiques : le sang et la lymphe. Le lecteur découvre une représentation très précise des structures concernées dans le traité de Jules Germain Cloquet (1790-1883) et Charles Philibert de Lasteyrie (1759-1849), intitulé Anatomie de l’homme, ou Description et figures lithographiées de toutes les parties du corps humain (1821 et 1831). L’ouvrage compte plusieurs volumes de texte et de planches. Édité en 1828, son tome IV traite « Des organes de la circulation et de la respiration ». Qui sont ses auteurs ?

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