Féminisme(s) : définition(s)

Le féminisme est une pensée, une philosophie et un mode d’action sociale promouvant l’émancipation des femmes. Outre ce que l’on peut trouver sur Wikipedia lorsque l’on s’intéresse à ce terme, voici deux définitions, l’une concise qui rappelle le socle fondateur du combat des femmes pour l’égalité, l’autre plus longue qui souligne les enjeux multiples de cette pensée. Enfin, la philosophe Geneviève Fraisse, réfléchissant sur les enjeux du féminisme entre discours, question des sexes et politique en faveur des femmes, note que “l’épistémologie du féminisme doit d’abord construire un champ de connaissances” (Geneviève Fraisse, La fabrique du féminisme, Lyon, Le passager clandestin, 2012, p. 18).

Par féminisme, j’entends cette tradition de pensée, et par voir de conséquence les mouvements historiques, qui, au moins, depuis le XVIIe siècle, ont posé selon des logiques démonstratives diverses l’égalité des hommes et des femmes, traquant les préjugés relatifs à l’infériorité des femmes ou dénonçant l’iniquité de leur condition. (Cf. Elsa Dorlin, Sexe, genre et sexualités. Introduction à la théorie féministe, Paris, Presses Universitaires de France, “Philosophies”, 2008, 1ère édition, 7e tirage, juillet 2018, p. 9).

[…] la problématique féministe s’organise, au nom d’une égalité de principe et du droit naturel de chaque individu, autour de l’inscription concrète de droits revendiqués d’ordre juridique, mais aussi social, politique, culturel et symbolique : le droit à l’éducation, au travail, à la citoyenneté, à l’égalité dans tous les domaines, y compris la famille et l’intime ; le droit au respect de sa personne et à l’intégrité de son corps, au choix d’enfanter ou non et plus récemment à une sexualité qui ne soit pas contrainte à l’hétérosexualité ; le droit à la parole, à la créativité, à une visibilité et à une expression publique reconnue. La lutte pour les droits s’accompagne d’un combat contre les préjugés, le sens commun misogyne, les coutumes, les normes de genre et les représentations confortant les inégalités. L’articulation du féminisme et du féminin est sans cesse retravaillée. Les visées des féministes se révèlent d’emblée paradoxales, qu’il s’agisse d’œuvrer à la réhabilitation et à la reconnaissance des femmes et du féminin dans certains domaines (dans la vie économique, les luttes sociales, ou encore dans l’art, le langage, l’écriture par exemple) ou de permettre l’indifférenciation ou la neutralité de genre dans d’autres situations pour échapper aux stéréotypes négatifs ou à l’enfermement dans l’idée d’une spécificité dans les mêmes domaines. Ces objectifs peuvent être communs à ceux des hommes qui s’allient au combat féministe. Au-delà des droits et de revendications pragmatiques, c’est potentiellement l’ouverte des possibles, l’utopie d’autres relations de genre qui caractérisent le plus souvent les féminismes. (Cf. Florence Rochefort, Histoire mondiale des féminismes, Paris, Que Sais-Je ? / Humensis, 2018, 1ère édition, 2e tirage, p. 8-9.

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