PIL à Lyon – Transbo, 5 juin 2026 : Réminiscences piliennes et crépuscule d’une idole punk

Le 22 décembre 1978, le groupe Public Image Ldt (PIL) jouait pour la première fois en France, à Paris, au Stadium dans le 13e arrondissement. Ce concert avait été exceptionnel car l’arrogant Rotten devenu Lydon avait renvoyé dans les cordes tout ce « bunch of morons » qui réclamaient du Sex Pistols. L’époque pistolienne était révolue et PIL entendait s’affirmer et défendre sa propre musicalité. Le maître de cérémonie en costume écossais avait tourné le dos au public une bonne partie du concert. Sans concession malgré un surprenant « Belsen was a gas » sorti de nulle part et « Problems » en rappel pour que l’on comprenne d’où venait de problème. Belle performance pour signifier son mécontentement face à ceux qui ne voulaient tourner la page des Pistols en même temps que lui. Ce fut un exercice héroïque dont YouTube garde la trace sonore.

(Voir une chronique de ce concert sur les Archives du Punk, « Public Image Ltd (22/12/78) » : https://archivesdupunkenfrance.univ-tours.fr/1978/12/22/22-12-78/ ; voir aussi sur la page Facebook de PIL Officilal : https://www.facebook.com/pilofficial/posts/this-day-in-pil-history-december-22nd-1978-the-second-ever-pil-show-at-paris-le-/1438080891010097/).


J’étais retourné revoir PIL, toujours dans sa première mouture, au Théâtre Le Palace le 17 janvier 1980 pour un concert très bon pour lequel le groupe était respecté pour ce qu’il était. Puis le temps a passé, j’ai décroché de PIL avec le double live à Tokyo de 1983, la suite me paraissait trop propre, trop grand public, trop radio compatible avec son hit lancinant « This is not a love song »… Et les meilleurs musiciens de la première formation sont partis : Jah Wobble a quitté le groupe assez rapidement en 1980 et Keith Levene, décédé en 2022, le quitta en 1983.

Mes anciennes reliques de PIL. Photo FX

Après une longue absence, PIL s’est reformé dans une seconde mouture en 2009. Malgré les trumpitudes répétées de Mister Lydon de cette dernière décennie, la venue de PIL à Lyon au Transbo était un moment que je ne voulais rater à aucun prix. Histoire de renifler de nouveau l’arrogance du vieux prédicateur en public une dernière fois. Surtout après avoir écouté « Shoom » et cet irrésistible « Fuck off » lancé à la face du monde en 2023. Ne dit-on pas sur la toile que cette tournée intitulée « This is not the last tour » pourrait bien être la dernière ? à voir… Dans tous les cas, ce fut un chouette concert de PIL malgré un son peu marquant (d’où j’étais depuis les premiers rangs) et un éclairage plutôt sobre. Question musique, si vous avez le double album Alive de sa tournée britannique de 2025 (sorti en 2026), vous avez grosso-modo la playlist du Transbo… ou encore vous pouvez vous référez au compte-rendu du concert du Trianon, donné la veille de Lyon, on est sur le même déroulé. (Cf. Jérôme Barbarossa, « [Live Review] PiL et Rendez Vous au Trianon (Paris) : pas la dernière tournée ! », Benzine, 6 juin 2026. URL : https://www.benzinemag.net/2026/06/06/live-review-pil-et-rendez-vous/)

Le concert s’est divisé en deux parties, une première d’un peu plus d’une heure, plutôt sage, dansante et contemplative, le public lyonnais sondant le personnage « historique », peu mobile (70 ans tout de même) et une seconde partie, après trois minutes de pause (dixit Lydon), dynamique avec un pogo central au démarrage de la chanson culte « Public Image ». Un petit groupe de fan énervé et éméché n’avait que le slogan de Rise à la bouche « Anger is an energy »… qu’on se le dise. Tout ceci remit une belle dose d’énergie dans un concert tranquille rassemblant vieux punks et skins (pas mal de Harringtons en vue), jeunes lookés, quelques looks « british », bières à la main dans une salle d’environ 500 personnes, pas tout à fait pleine. Bref, ce fut tout de même un bon bol de jouvence, une joie de revoir PIL devant un dancefloor agité et néanmoins respectueux pour ceux et celles qui chutent, digne d’un concert de l’ancien monde. Mention particulière à Lu Edmonds, génial guitariste en interaction gestuelle avec le public… Quant au prédicateur central, voix tonitruante, se vidant les narines régulièrement sur scène, rasades de whisky irlandais toutes aussi régulières, sa mise en abîme de la provocation ne produit plus rien d’intéressant depuis pas mal de temps si ce n’est du divertissement à peu de frais sur la toile. Personne ne lui en voudra, il est fidèle à lui-même, pitre odieux et attachant, iconoclaste.

Quelques images et extraits du concert sur la chaîne de Patrick Ducher.


A la fin du concert, ma compagne et moi, nous avons pu être introduits avec Wayne Barrett, chanteur de Slaughter and the Dogs (très bon groupe de la première époque Punk) et quelques autres, dans les loges afin de saluer les membres de PIL. Sans grande surprise, je me suis rendu compte que l’on ne rencontrait pas un vieux « cunt » crépusculaire aussi facilement. Mais il était possible de saluer le sympathique guitariste hirsute de PIL que je remercie. Quoi qu’il en soit, ce fut une très belle soirée en bonne compagnie de quelques anciens, fans des Bérus (merci pour leurs gentils mots) ou pas, toutes et tous heureux de revoir PIL peut-être une dernière fois. Qu’on se le dise…

FX, 7 juin 2026.

Affiche « à la une », photo FX.

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