La Mettrie : L’homme-machine [1748]

A l’heure des perspectives d’homme augmenté et de transhumanisme, retour sur un texte clé du déterminisme mécaniste. Offert dans un vide grenier rhônalpin. Présentation de l’éditeur.

“Le corps humain n’est qu’une horloge.” L’auteur de cette conception mécaniste scandaleuse n’est autre que La Mettrie (1709-1751), médecin turbulent et philosophe, résolument athée et matérialiste. Dans L’Homme-machine, il récuse la distinction de l’âme et du corps : “Tout est fait d’une seule et même pâte.” Point de Dieu, point d’idéalisme, le seul devoir est d’être heureux. On reconnaît en La Mettrie un esprit toujours libre, volontiers amoral, débarrassé de tous les dogmatismes.

Extrait (non représentatif) :

Voyez cet oiseau sur la branche, il semble toujours prêt à s’envoler ; l’imagination est de même. Toujours emportée par le tourbillon du sang et des esprits ; une onde fait une trace, effacée par celle qui suit ; l’âme court après, souvent en vain, il faut qu’elle s’attende à regretter ce qu’elle n’a pas assez vite saisi et fixé : et c’est ainsi que l’imagination, véritable image du temps, se détruit et se renouvelle sans cesse. [p. 44]

Julien Offray de La Mettrie, L’Homme-machine, Paris, Éditions Mille et une nuits, n°25, mars 2000. Texte en ligne sur WikiSource.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. NK dit :

    Intéressant, cela semble très proche de la conception spinoziste du corps/esprit.
    Merci pour la référence.

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