“La jeunesse emmerde…” – Essai d’une biopolitique de Bérurier Noir

Entre février 1983 et novembre 1989, Bérurier Noir a tenté de conceptualiser une contre-culture alternative et sa diffusion auprès du public, de la confrontation (premières performances, « théâtre de force ») à l’osmose (« mouv’ment d’la jeunesse ») avec l’abolition de la barrière groupe/public dans un espace libre et autocontrôlé. Cette évolution s’est accompagnée de slogans, manifestes déclamés et/textuels (parmi lesquels « discours crosses, bucherons, descendons dans la rue, porcherie… ») et d’une identité graphique en évolution.

Nous interrogerons trois concepts correspondant à trois périodes de l’histoire du groupe et à trois attitudes politico-scéniques (1: Petit théâtre de force / “Tant qu’il y a du noir, il y a de l’espoir” ; 2 : Troupeau d’Rock / “Salut à toi” ; 3 : Le mouv’ement d’la jeunesse / “Yes futur” et Folklore de la zone mondiale). A travers ces trois temps, nous investiguerons une trajectoire qui débute par un anarchisme stirnérien post-dadaiste (individualiste et introverti) pour finir en un universalisme anti-autoritaire (collectif et extraverti), en s’appuyant sur une agit-prop juvénile teintée de références artistiques, libertaires, maoïstes et burgessienne.

Nous verrons comment cette conceptualisation d’une contre-culture alternative s’est construite « contre/avec » le public pour finalement parvenir à une autodissolution « pour/dans » le public.

Photo : BxN circa 1984-1985 : Loran, Alice, Bertaga et Fanfan

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